1. Faire l’inventaire de votre patrimoine documentaire
Avant de choisir un fournisseur, listez vos sources d’information : GED, NAS, partages réseau, Google Drive, Dropbox, boîtes mail des dirigeants, archives PST, scans encore au format papier. Pour chacune : volumétrie estimée, format dominant, période couverte, propriétaire interne, sensibilité.
Cet inventaire prend une demi-journée. Il vous évitera deux mois de réajustements ultérieurs.
2. Choisir un cas pilote qui ne fait peur à personne
Le pilote idéal a trois propriétés : il est utile à l’équipe, il n’est pas critique en cas d’erreur, et il a une volumétrie raisonnable (entre 200 et 2 000 documents).
Trois exemples qui marchent souvent :
- Assistant onboarding : alimente les nouveaux arrivants avec procédures, livret d’accueil, FAQ RH.
- Assistant doctrine (cabinets EC, juridique) : nourri de la base documentaire technique, pour les questions internes.
- Assistant catalogue : produits, fiches techniques, conditions générales — utile au commercial et au support.
À éviter en pilote : tout ce qui touche directement aux clients ou aux finances. Vous ferez ces assistants en deuxième vague, quand l’équipe aura confiance dans l’outil.
3. Cadrer la conformité avant la technique
Cinq questions à vous poser avant l’ingestion :
- Y a-t-il des données personnelles dans les documents prévus ?
- Y a-t-il des données sensibles (santé, mineurs, judiciaire) ?
- L’hébergement du fournisseur est-il en France, sous juridiction française ?
- Le fournisseur s’engage-t-il par écrit à ne pas entraîner ses modèles sur vos données ?
- Le DPA (article 28 RGPD) est-il signé avant l’ingestion ?
Si une réponse est “je ne sais pas”, arrêtez tout et clarifiez. Plus de détails sur notre page sécurité & RGPD.
4. Mobiliser trois personnes, pas dix
Un projet d’assistant IA réussit avec trois rôles, pas un comité de pilotage de quinze :
- Un sponsor (dirigeant ou responsable opérationnel) qui tranche les arbitrages et débloque les sources documentaires.
- Un référent métier qui connaît le contenu et qui validera les réponses lors de la phase de recette.
- Un référent technique (DSI ou prestataire) qui gère les accès, l’authentification SSO, les ACL.
Pas besoin de plus pour le pilote. Ajoutez les autres acteurs à la phase de généralisation.
5. Critères go / no-go pour passer à l’échelle
Au bout de trois à six semaines de pilote, vous devez pouvoir répondre oui à ces cinq questions avant de généraliser :
- L’assistant donne-t-il des réponses justes dans plus de 85 % des cas testés ?
- Cite-t-il systématiquement la source utilisée ?
- Refuse-t-il poliment quand l’information n’est pas dans sa base ?
- L’équipe pilote l’utilise-t-elle spontanément (au moins 5 sessions par utilisateur et par semaine) ?
- Avez-vous mesuré un gain de temps mesurable sur le cas pilote ?
Si une seule réponse est “non”, revenez en phase pilote. Ne généralisez pas. Détails dans Réussir le déploiement d’un assistant IA.
Calendrier type d’un déploiement bien préparé
Trois mois entre la décision et un déploiement stable, avec des résultats mesurés à chaque étape. Plus rapide vous flagellez sur la qualité ; plus lent, c’est probablement que la préparation a été sautée.
Vingt minutes de démo sur un de vos vrais documents. Vous repartez avec un cas pilote chiffré et une feuille de route à six semaines.
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